L’équation matérielle et énergétique de l’IA
Derrière chaque interaction avec l'IA se cache une réalité physique incontournable : l’énergie consommée par les LLM.
Selon les prévisions de Deloitte, l'inférence — c'est-à-dire l'exécution des modèles en temps réel — représentera deux tiers de la demande totale en calcul informatique lié à l'IA d'ici 2026. L'essentiel de cette charge s'opérera au sein de centres de données énergivores, propulsés par des processeurs spécialisés.
Cette dynamique crée une double réalité : si l'IA risque d'accroître la consommation énergétique, un déploiement réfléchi permet à l'inverse d'optimiser les opérations, de réduire le gaspillage et d'améliorer l'impact environnemental de l'entreprise. Atout stratégique ou fardeau écologique, la différence résidera dans l'intention et la qualité de l'exécution.
Dès lors, les choix d'infrastructure deviennent indissociables des engagements en matière de développement durable. La stratégie d'IA doit désormais intégrer une équation complexe mêlant maîtrise des coûts, efficacité énergétique et performance opérationnelle à long terme.
L’IA intégrée sera préférée à l’IA isolée
Durant des décennies, les logiciels de gestion ont conditionné les collaborateurs à naviguer à travers des tableaux de bord, des menus complexes et des filtres. Ce modèle est aujourd'hui en voie d'obsolescence rapide.
Selon Deloitte, d'ici 2026, l'IA servira prioritairement à interroger nos systèmes de gestion. Cet usage sera trois fois plus fréquent que l'utilisation d'outils d'IA isolés. La logique s'inverse : au lieu de naviguer laborieusement dans des menus pour dénicher une donnée, les collaborateurs se contenteront désormais de poser la question.
Cette évolution marque une rupture fondamentale dans l'accès au savoir institutionnel. Les interfaces basculent d'une logique de navigation laborieuse (click-and-hunt) à une logique conversationnelle (ask-and-answer) , délivrant des analyses directement, en contexte et en langage naturel.
Pour les dirigeants, le constat est sans appel : l'interface même du travail est en pleine mutation. La productivité de la prochaine décennie ne se définira plus par l'accès aux données brutes, mais par la capacité des systèmes à faire émerger des insights décisionnels immédiats.
L'apprentissage expérientiel au cœur du flux de travail
Historiquement, la formation imposait aux collaborateurs de s'extraire de leur quotidien opérationnel. Aujourd'hui, cette frontière s'efface.
Workday anticipe l'avènement d'une année charnière pour « l'apprentissage expérientiel », où l'IA transforme chaque tâche courante en leçon en temps réel. L'exécution d'un rapport financier ne se limite plus à la production de données brutes ; le système en explicite la signification, contextualise son importance stratégique et suggère les compétences à acquérir pour progresser.
L'environnement de travail se mue ainsi, de facto, en espace de formation.
La stratégie d'apprentissage doit désormais s'intégrer au cœur des flux opérationnels. La performance appartiendra aux organisations qui envisagent le développement des talents non plus comme un événement ponctuel, mais comme un processus continu, contextuel et totalement embarqué.