Compte de résultat : définitions, composantes et conseils pour le réaliser
Maîtrisez le compte de résultat pour renforcer la discipline financière et mieux comprendre les performances de votre entreprise.
Maîtrisez le compte de résultat pour renforcer la discipline financière et mieux comprendre les performances de votre entreprise.
Le contexte économique actuel impose aux entreprises une visibilité financière précise pour sécuriser leurs arbitrages stratégiques. Pourtant, cette clarté fait souvent défaut : selon l'étude Workday CFO & CIO Indicator, seuls 42 % des directeurs financiers ont pleinement confiance dans l'intégrité et l'exploitabilité des données de leur entreprise pour prendre des décisions. Pour combler ce déficit de pilotage et poser les bases d'une planification solide, il est impératif de maîtriser la structure qui synthétise la performance réelle de l'organisation : le compte de résultat.
Le compte de résultat est un état financier qui récapitule les revenus générés et les charges encourues au cours d'une période de reporting donnée. Il fournit une vision de base de la performance de l'entreprise en montrant comment les revenus deviennent des profits après avoir comptabilisé les coûts nécessaires à l'activité.
Les comptes de résultat sont aussi communément appelés comptes de pertes et profits. Dans la plupart des cas, les deux termes renvoient au même rapport et ont la même finalité : fournir un récapitulatif des données financières pour une période donnée (mois, trimestre, année). La plupart des entreprises préparent leurs comptes de résultat chaque mois et chaque année pour rester informées des tendances en matière de performance et soutenir les cycles de planification.![]()
Lorsqu'il est révisé régulièrement, le compte de résultat devient la pierre angulaire de toute discipline financière. Il aide les équipes Finance à rester alignées sur les objectifs de performance à long terme et à comprendre si les stratégies en cours produisent les résultats escomptés.
Des comptes de résultat précis aident les dirigeants d'entreprise à répondre à des questions clés sur l'efficacité opérationnelle, l'alignement des dépenses sur la stratégie et la réalisation des objectifs de croissance. Les principaux avantages d'un compte de résultat sont les suivants :
Un compte de résultat organise l'activité financière en sections logiques. Chaque composante représente une étape du flux monétaire dans l'entreprise, de la génération de revenus et du paiement des charges jusqu'aux résultats finaux. En examinant chaque élément individuellement, vous pouvez voir ce qui détermine les performances et ainsi mieux identifier les tendances émergentes.
Les revenus comprennent l'argent gagné grâce à la vente de produits ou de services, ainsi que tout revenu supplémentaire lié à l'activité principale de l'entreprise. Ils reflètent la dynamique du chiffre d'affaires et servent de point de départ à l'évaluation de la croissance et des performances sur le marché.
Le coût des marchandises vendues (COGS) représente les coûts directs nécessaires à la production et à la livraison de produits ou de services, tels que les matériaux, la main-d'œuvre directement liée à la production et l'expédition. Le suivi des COGS aide les dirigeants à contrôler la rentabilité de base et à identifier les possibilités d'améliorer l'efficacité des livraisons et de la production.
La marge brute est calculée en soustrayant le coût des marchandises vendues des revenus. Elle indique combien l'entreprise gagne après avoir couvert les coûts de production directs. Une marge brute élevée reflète une tarification efficace, une production efficiente et une bonne performance au niveau des produits.
Les charges d'exploitation comprennent les coûts nécessaires au fonctionnement quotidien de l'entreprise, tels que les salaires, le loyer, les logiciels, le marketing et les factures de services essentiels. Le suivi des charges d'exploitation permet de s'assurer que les dépenses soutiennent les priorités stratégiques et restent alignées sur les plans de croissance.
Le résultat d'exploitation est calculé en soustrayant les charges d'exploitation de la marge brute. Il reflète la rentabilité des activités de base avant la prise en compte des activités de financement ou hors exploitation. Cet indicateur met en évidence l'efficacité avec laquelle l'entreprise transforme ses revenus en bénéfices à partir de ses activités principales.
Cette catégorie comprend les gains ou les pertes qui ne sont pas liés aux opérations de base, comme que les intérêts perçus, les activités d'investissement ou les ventes d'immobilisations. Elle identifie les éléments clés de l'activité financière en dehors des opérations habituelles de l'entreprise et peut influencer la rentabilité globale.
Le bénéfice net ou la perte nette résultent de l'addition des autres revenus et charges au résultat d'exploitation ou de leur soustraction du résultat d'exploitation. Il représente la rentabilité finale de l'exercice et constitue un indicateur essentiel de la solidité financière et des tendances de performance à long terme.
La comptabilité de trésorerie permet de suivre les mouvements réels d'argent ; la comptabilité d'exercice permet de constater les revenus au moment où ils sont réalisés et les dépenses au moment où elles sont engagées.
Chaque compte de résultat commence par une période définie et les données financières qui s'y rapportent. L'objectif est d'organiser ces chiffres dans les catégories standard utilisées pour déclarer les revenus, les charges et les bénéfices, afin d'obtenir une vision claire des résultats pour cette période.
Voici comment établir un compte de résultat en plusieurs étapes (par opposition à la méthode plus simple en une seule étape, privilégiée par les petites entreprises) dans la pratique.
Choisissez la période que vous souhaitez évaluer : mensuelle, trimestrielle ou annuelle. Veillez à ce que les périodes de reporting soient cohérentes afin de pouvoir constater l'évolution des revenus, des charges et des bénéfices d'une période à l'autre. Si vous établissez un compte de résultat pour la première fois, commencez par le mois le plus récent afin de confirmer l'exactitude des données avant de les étendre à une période plus longue.
Réunissez tous les documents indiquant les entrées et les sorties d'argent au cours de la période. Récupérez les relevés bancaires, les relevés de cartes de crédit, les synthèses des ventes, les factures clients, les rapports de paie et les reçus pour les dépenses de l'entreprise. Assurez-vous que chaque transaction comprise dans la période définie est justifiée. Si une quelconque transaction ne correspond pas à un document source, résolvez la différence avant d'aller plus loin. Un bon départ permet d'éviter les erreurs à un stade ultérieur du processus.
Enregistrez le total des revenus tirés de l'activité de l'entreprise au cours de la période de reporting. Si vous utilisez la comptabilité d'exercice, incluez les revenus gagnés au cours de la période, même si le paiement interviendra plus tard, et ne comptabilisez que la partie des paiements anticipés qui s'applique aux travaux achevés au cours de la période. Si vous utilisez la comptabilité de trésorerie, incluez l'argent lorsqu'il est effectivement reçu, y compris les dépôts ou les montants prépayés perçus au cours de la période.
Dans les deux cas, enregistrez le montant total gagné ou perçu avant les frais ou les coûts associés, et incluez les revenus provenant de toutes les activités commerciales, telles que la vente de produits, les services et les revenus récurrents.
Identifiez et totalisez les coûts directs liés à la création de votre produit ou à la prestation de votre service. Incluez les matériaux, la main-d'œuvre directe et les coûts des prestataires liés à la livraison au client. N'intégrez pas ici les frais généraux ou administratifs. L'objectif est de saisir les charges qui augmentent et diminuent en fonction du volume de travail ou de produits vendus.
Soustrayez le COGS des revenus totaux :
Formule : Marge brute = Revenus - COGS
La marge brute indique ce qui reste après avoir couvert les coûts directs de livraison ou de production. Examinez ce chiffre afin de comprendre la pertinence de la tarification, l'efficacité des coûts et la performance globale avant l'application des frais généraux de l'entreprise.
Enregistrez les coûts de fonctionnement quotidiens de l'entreprise. Incluez la rémunération des collaborateurs hors production, le loyer, les factures de services essentiels, les logiciels, le marketing, les assurances, les équipements et les dépenses administratives. Regroupez les charges similaires et totalisez-les pour la période. Veillez à ce que les catégories soient cohérentes d'un rapport à l'autre pour que les résultats soient comparables.
Inscrivez les activités qui ne sont pas liées aux opérations commerciales courantes, telles que les intérêts perçus, les intérêts de prêt payés, les résultats d'investissement ou les gains et pertes occasionnels. Présentez-les séparément afin que vos performances opérationnelles restent faciles à comprendre.
Soustrayez le total des charges du total des revenus pour déterminer si l'entreprise a réalisé un bénéfice ou enregistré une perte sur la période.
Formule : Résultat net = Revenus - Total des charges
Le résultat net représente le résultat financier final pour la période de reporting. Examinez une dernière fois les chiffres pour confirmer que toutes les transactions de la période sont incluses et qu'aucun élément n'a été compté deux fois.
Pour comprendre la manière dont ces éléments fonctionnent ensemble, imaginons un éditeur de logiciels de taille moyenne qui examine les résultats d'un trimestre récent. L'entreprise vend des produits sur abonnement et investit régulièrement dans le développement de produits et l'acquisition de clients. Vous trouverez ci-dessous une version simplifiée de son compte de résultat.
Au cours du trimestre qui nous intéresse, l'éditeur de logiciels a généré 48 millions de dollars de revenus, obtenus par le biais d'abonnements et de la prestation de services. Ses coûts d'hébergement et de support client, ainsi que les dépenses de livraison de logiciels amorties, se sont élevés à 21,5 millions de dollars, ce qui s'est traduit par une marge brute de 26,5 millions de dollars.
Les charges d'exploitation comprenaient des programmes de vente et de marketing pour stimuler la croissance du pipeline, des fonctions administratives pour soutenir le développement de l'entreprise et des investissements continus dans le développement de produits. Après comptabilisation des intérêts sur les financements et des pertes mineures hors exploitation, l'entreprise a terminé l'exercice avec un bénéfice net de 7,8 millions de dollars.
En rattachant les comptes de résultat à un business model spécifique, la relation entre les revenus, la structure des coûts et la rentabilité devient plus limpide. Les abonnements produisent des revenus récurrents, les coûts de livraison évoluent en fonction de l'utilisation des clients et les investissements dans la croissance ont une incidence sur les marges d'exploitation et les bénéfices.
Un compte de résultat bien construit offre aux dirigeants la clarté dont ils ont besoin pour planifier en fonction d'objectifs.
Deux méthodes comptables principales sont utilisées pour les comptes de résultat : la comptabilité de trésorerie et la comptabilité d'engagement. La comptabilité de trésorerie reflète les mouvements réels d'argent dans et hors de l'entreprise, tandis que la comptabilité d'engagement enregistre les revenus lorsque le travail est effectué et les dépenses lorsqu'elles sont engagées.
Chaque méthode aboutissant à un type de compte de résultat différent, il est important que les dirigeants comprennent quelle approche est utilisée afin d'évaluer précisément les résultats.
La comptabilité de trésorerie enregistre les revenus lorsque l'argent est reçu et les charges lorsqu'elles sont payées. Elle suit les mouvements de trésorerie réels, ce qui permet de connaître facilement le montant des liquidités dont dispose réellement l'entreprise, et ce à tout moment.
Par exemple :
Cette approche est particulièrement utile lorsque la visibilité de la trésorerie en temps réel est une priorité, par exemple dans les entreprises en phase de démarrage, basées sur des services ou qui reposent sur un système de transaction simplifié. Elle est facile à tenir à jour, s'aligne sur les soldes bancaires et facilite l'établissement des tableaux de flux de trésorerie. Sa principale limitation réside dans le fait que les résultats peuvent sembler inégaux d'un mois à l'autre, car le calendrier dépend des paiements plutôt que du moment où le travail est effectué.
La comptabilité d'engagement enregistre les revenus lorsqu'ils sont acquis et les dépenses lorsqu'elles sont engagées, indépendamment des mouvements de trésorerie. Elle fait correspondre les revenus et les charges à la période à laquelle ils se rapportent, ce qui permet d'obtenir une vision plus claire des performances réelles de l'entreprise.
Par exemple :
Cette méthode est privilégiée lorsque la précision et la clarté des performances sont importantes, en particulier pour les entreprises qui possèdent des stocks, génèrent des revenus récurrents, dont les cycles de vente sont plus longs ou qui dépendent d'investissements extérieurs. Elle participe à l'établissement des prévisions et à la réalisation d'analyses financières plus fiables. Dans de nombreux cas, ce type de comptabilité est exigé par les normes GAAP/IFRS. L'inconvénient est qu'elle ne permet pas de suivre les liquidités en temps réel, ce qui nécessite une gestion séparée des flux de trésorerie.
Aujourd'hui, de nombreuses équipes Finance s'appuient sur des plateformes de gestion financière qui centralisent les données et les mettent à jour en continu. Au lieu d'établir des comptes de résultat à la fin d'une période, les dirigeants peuvent consulter les chiffres actualisés à tout moment grâce à des tableaux de bord. Ce flux régulier d'informations rend le compte de résultat plus simple d'utilisation et mieux adapté à la prise de décisions au quotidien.
Les systèmes de gestion financière modernes proposent :
Ces systèmes remplacent l'ancien processus consistant à établir puis vérifier le compte de résultat par une structure où les chiffres sont déjà à jour. La Finance continue d'examiner, d'ajuster et de valider les chiffres, mais plutôt que d'assembler des rapports, l'équipe peut désormais gérer la précision et interpréter les mouvements à mesure qu'ils se produisent.
Un compte de résultat bien construit apporte de la clarté aux performances financières, ce qui aide les dirigeants à prendre des décisions en toute confiance. Lorsqu'ils sont utilisés de manière cohérente, les comptes de résultat font apparaître des tendances, mettent en évidence les écarts et indiquent quand il faut maintenir le cap ou ajuster les dépenses et les priorités.
Les équipes Finance tirent le meilleur parti des comptes de résultat lorsqu'elles les utilisent comme un outil de travail. L'examen des performances à intervalles réguliers et l'établissement d'un lien entre les insights financiers et les choix opérationnels font du compte de résultat un guide pratique pour la gestion de l'entreprise.
L'objectif n'est pas seulement de créer un compte de résultat, mais d'en faire une ressource dynamique que la Finance et l'équipe dirigeante peuvent utiliser dans leurs activités quotidiennes. Lorsque les dirigeants comprennent à tout moment ce que disent les données financières et peuvent les utiliser pour agir, le compte de résultat devient plus qu'un simple enregistrement de l'activité financière et offre au contraire une source constante d'orientation pour la croissance.
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