Plan de trésorerie : fonctionnement et exemple

Le plan de trésorerie aide à prévoir les besoins de financement, et à visualiser l’état de la trésorerie mois après mois. C’est un document particulièrement important l’année de création de l’entreprise. 

homme avec des lunettes qui travaille devant son ordinateur

En 2026, la Banque de France recensait près de 70 000 défaillances d’entreprises en un an. Le défaut de trésorerie est majoritairement en cause, et les PME sont les plus touchées. Le plan de trésorerie, en tant qu’outil prévisionnel, contribue à réduire le risque de défaillance.

Qu’est-ce qu’un plan de trésorerie et pourquoi est-il indispensable ?

Un plan de trésorerie est un tableau qui présente les encaissements et les décaissements prévisionnels sur une période donnée. Par usage, il est établi sur une année avec une ventilation mensuelle des encaissements et décaissements. Ce document, très utile en phase de création d’entreprise, permet de vérifier que la trésorerie est suffisante pour faire face aux dépenses.

Le plan de trésorerie est un document très simple, facilement compréhensible sans connaissance en comptabilité et finance. Il sert à visualiser clairement si la trésorerie de l’entreprise lui permet de payer ses factures, mois après mois. C’est un enjeu crucial, car le défaut de trésorerie est responsable d’une très grande majorité de défaillances d’entreprise.

Pourquoi faire un plan de trésorerie ?

À l’inverse du grand livre comptable qui enregistre les transactions effectuées, le plan de trésorerie présente des transactions prévisionnelles : le plan de trésorerie permet de se projeter, pour ajuster par anticipation les dépenses et les ressources de l’entreprise. C’est un support d’aide au pilotage de la stratégie.

Voici un exemple pour bien comprendre : une entreprise lance un nouveau produit, à commercialiser en octobre. De janvier à octobre, le plan de trésorerie fait apparaître un solde négatif en raison de décaissements importants liés à la production et au marketing, alors que l’entreprise n’encaisse pas encore de recettes issues des ventes. Visualisant ce déséquilibre risqué, l’entreprise ajuste sa stratégie en amont : elle prévoit des préventes et des apports en comptes courants d’associés pour combler le manque de trésorerie jusqu’au mois d’octobre. À compter du mois de novembre, les associés se fient au plan de trésorerie pour décider ou non de se rembourser leurs apports.

L’année de création de l’entreprise spécifiquement, le plan de trésorerie offre deux avantages majeurs :

  • Il permet de valider le modèle économique. Si le solde est négatif mois après mois, l’activité a priori n’est pas rentable, et inversement.

  • Le plan de trésorerie aide à estimer le besoin de financement, ou besoin en fonds de roulement (BFR). Pour cela, l’entreprise liste et additionne ses dépenses prévisionnelles : le total constitue son besoin.

Quelles sont les limites du plan de trésorerie ?

Il faut garder à l’esprit que le plan de trésorerie présente des prévisions : le plan doit être ajusté en temps réel, à mesure des dépenses et des recettes mensuelles effectives. Si le solde devient négatif, l’entreprise doit réagir vite, en augmentant les ressources ou en diminuant ses dépenses.

Faute d’historique comptable, particulièrement l’année de création de l’entreprise, certains flux sont difficiles à identifier et à budgétiser. C’est pourquoi il faut absolument inclure des décaissements imprévus, de manière à anticiper l’hypothèse d’un scénario pessimiste ou d’un simple oubli.

Les composantes essentielles du plan de trésorerie : encaissements et décaissements 

Avant d’établir le plan de trésorerie, il faut envisager tous les flux de trésorerie possibles de manière à obtenir un support de pilotage fiable.

Les encaissements

Voici une liste des encaissements à anticiper pour la plupart des activités :

  • Les apports en capital et les augmentations de capital social.

  • Les emprunts bancaires.

  • Les subventions et le sponsoring.

  • Les recettes de l’activité.

  • Les apports en compte courant réalisés par les associés.

  • Les crédits de TVA.

Les décaissements

Voici une liste des décaissements à prévoir dans le plan de trésorerie :

  • Les achats de fournitures, selon l’activité de l’entreprise. Cette catégorie regroupe l’ensemble des achats réalisés pour exercer l’activité, des petites fournitures jusqu’aux matières premières.

  • Les prestations de services de comptabilité, de communication ou encore de conseil.

  • Les loyers et les abonnements (énergies, internet-téléphone, contrats d’entretien, assurances…).

  • Les impôts et les taxes.

  • Les salaires chargés.

  • Les mensualités de remboursement de crédits d’investissements.

  • Des imprévus.

Méthodologie : comment établir votre plan de trésorerie en 5 étapes ?

Établir un plan de trésorerie exige une méthodologie stricte, structurée en cinq étapes opérationnelles:

  1. Lister les catégories de flux de trésorerie 
  2. Évaluer les montants et les échéances
  3. Créer et remplir le tableau 
  4. Vérifier le solde 
  5. Mettre en place un suivi du plan de trésorerie 

1. Lister les catégories de flux de trésorerie

La première étape consiste à identifier toutes les catégories de flux de trésorerie. L’année de création, l’exercice est difficile et le risque d’oubli non négligeable. Il faut être très attentif aux dépenses : un oubli peut entraîner une situation inconfortable s’il génère un défaut de trésorerie imprévu.

Se baser sur des exemples et des modèles de plan de trésorerie aide à identifier toutes les catégories de flux possibles.

2. Évaluer les montants et les échéances

Une fois les catégories de recettes et de dépenses listées, il faut évaluer leur montant ainsi que leur date d’échéance. Deux méthodes sont utiles à cette étape, selon l’ancienneté de l’entreprise. 

  • On reprend l’historique comptable, et on ajuste les montants et les échéances en tenant compte de la stratégie financière pour l’année à venir.

  • Le plan de trésorerie est la traduction opérationnelle du budget prévisionnel : on reprend les sommes qui y figurent, et on détermine les dates auxquelles elles vont être effectivement encaissées et décaissées.

Les sommes sont évaluées toutes taxes comprises (TTC), pour refléter l’état de la trésorerie et montrer très concrètement et simplement si l’entreprise est en capacité financière de faire face aux dépenses.

3. Créer et remplir le tableau

Le tableau se compose de douze colonnes, pour correspondre aux douze mois de l’année. Il y a autant de lignes que de catégories de flux. Il est d’usage de regrouper les encaissements dans les premières lignes du tableau, et les décaissements en-dessous. La dernière ligne calcule le solde mensuel de trésorerie. Des modèles ou des exemples de plan de trésorerie accélèrent cette étape de création du tableau.

Une fois le tableau prêt à remplir, il suffit de reporter les montants TTC dans les colonnes des mois où les sommes sont effectivement encaissées et décaissées, et de faire le total chaque mois pour calculer le solde.

Attention aux délais de paiement : si un achat est réalisé en mai mais payé en juin, par exemple, la sortie de fonds est inscrite en juin.

4. Vérifier le solde

Le plan de trésorerie permet de vérifier que le solde est positif chaque mois. Si ce n’est pas le cas, la stratégie doit être ajustée de manière à éviter les retards de paiement qui entraînent des pénalités, voire la cessation de paiement dans le pire scénario.

5. Mettre en place un suivi du plan de trésorerie

Le plan de trésorerie présente des prévisions. Il faut l’ajuster au gré des encaissements et décaissements effectifs, pour refléter la réalité financière. Un suivi hebdomadaire permet de procéder aux ajustements.

Idéalement, l’entreprise s’équipe d’un logiciel de gestion financière qui met automatiquement à jour les chiffres, avec un système d’alertes paramétrable en cas d’anomalie.

Outils et modèles : du tableur Excel au logiciel SaaS

Le plan de trésorerie fait partie des rapports financiers à établir et à suivre régulièrement pour prendre des décisions stratégiques éclairées par des données fiables. Utiliser des tableurs Excel est une option en début d’activité si l’équipe est très restreinte et parfaitement organisée.

Une tendance majeure en planification financière consiste à intégrer plus efficacement la donnée dans la stratégie globale de l’entreprise. C’est pourquoi l’utilisation d’un logiciel SaaS est souvent préférable. Ce type d’outil centralise l’ensemble des rapports financiers et comptables, pour offrir une vue d’ensemble à tous les utilisateurs autorisés. 

Interprétation et actions : que faire en cas de solde négatif ?

Voici une liste d’actions à envisager si le plan de trésorerie fait apparaître un solde négatif.

  • Les associés réalisent des apports en compte courant, dont ils obtiennent le remboursement lorsque la trésorerie redevient saine.

  • Agir sur les délais de paiement est une option intéressante. Négocier les délais fournisseurs, et imposer des acomptes aux clients, inverse le décalage de trésorerie. Une politique stricte pour empêcher les retards de paiement est également nécessaire, sachant que les retards de paiement représentent 15 milliards d’euros de déficit de trésorerie pour les TPE et PME.

  • Des solutions peuvent être étudiées avec la banque : une autorisation de découvert, un crédit ou encore une convention d’escompte.

  • Il faut parfois revoir le modèle économique : augmenter les prix de vente, trouver des fournisseurs moins chers, adopter une approche plus sobre en matière de dépenses ou encore décaler certains investissements.

Publié dans:  Finance

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