L'évaluation s'avère particulièrement pertinente lorsqu'elle intervient lors d'une évolution ou d'une transformation significative :
Avant le lancement d'un processus : pour identifier les lacunes en matière d'intégrité, de sécurité ou de workflow avant l'apparition de problèmes en aval.
Après un incident : pour analyser les causes profondes et élaborer un plan préventif.
Lors d'un changement organisationnel : pour sécuriser les nouvelles structures qui exposent souvent l'entreprise à des zones de risque inédites.
Lors de l'introduction de nouveaux équipements : pour valider les directives d'utilisation et signaler les besoins en formation ou sécurité.
En réponse à une évolution législative : pour examiner les pratiques, garantir la conformité et éviter les pénalités.
Dans le cadre d'examens de routine : pour maintenir les évaluations à jour face aux changements mineurs cumulatifs.
Utilisées de manière cohérente, ces évaluations offrent aux équipes un langage commun pour maîtriser l'incertitude.
Comment réaliser une évaluation des risques en 8 étapes
Pour être efficace, l'évaluation des risques doit s'ancrer dans la réalité opérationnelle et suivre un processus structuré en huit étapes clés :
- Définir le périmètre et les objectifs
- Identifier les dangers et les risques potentiels
- Déterminer l'exposition aux risques
- Évaluer la probabilité et l'impact
- Hiérarchiser et attribuer les responsabilités
- Sélectionner et appliquer les contrôles
- Communiquer et documenter
- Surveiller, examiner et s'adapter
1. Définir le périmètre et les objectifs
Commencez par définir ce que vous évaluez : un processus interne, un outil ou un système technologique, un nouveau marché potentiel, le lancement d'un produit ou une initiative (ou autre chose). Documentez ce qui est inclus dans votre périmètre, les équipes ou immobilisations concernées, ainsi que les résultats que vous cherchez à éviter.
2. Identifier les dangers et les risques potentiels
Examinez les éléments du périmètre pour repérer toute source de risque. L'enregistrement systématique des observations garantit une hiérarchisation correcte des dangers. Les risques d'entreprise incluent généralement :
Dangers physiques : équipements non sécurisés ou installations inadéquates pouvant entraîner des accidents ou un arrêt des opérations.
Lacunes réglementaires : non-respect de l'évolution des lois (confidentialité des données, droit du travail) pouvant entraîner des amendes ou la perte de licences.
Exposition financière : faiblesses dans la budgétisation ou les contrôles augmentant la vulnérabilité aux déficits de trésorerie.
Vulnérabilités de cybersécurité : systèmes obsolètes ou erreurs humaines exposant les données sensibles aux violations.
Dépendances fournisseurs : absence de plan de contingence en cas de défaillance d'un partenaire clé.
Risque de réputation : publicité négative ou fautes éthiques affaiblissant la confiance dans la marque.
Appuyez-vous sur les audits internes et l'expertise métier pour assurer une identification rigoureuse.
3. Déterminer qui et quoi est exposé à ces risques
Identifiez les personnes, systèmes et actifs potentiellement affectés par chaque danger. Prenez en compte les effets en aval sur les clients et la continuité des activités.
Par exemple, une attaque par ransomware bloque d'abord l'accès aux systèmes, mais ses répercussions s'étendent rapidement : retards de paiement, interruption des commandes et obligations réglementaires en cas de fuite de données. Plus l'identification des impacts est précise, plus les contrôles seront pertinents.
4. Évaluer la probabilité et l'impact
L'étape suivante consiste à évaluer le risque encouru. L'approche traditionnelle repose sur l'utilisation d'une matrice des risques qui met en parallèle la probabilité et l'impact, mais de nombreuses organisations ont également recours à des méthodes avancées, telles que l'analyse de scénarios ou la modélisation quantitative.
Les plateformes modernes de gestion des risques d'entreprise connectent les informations provenant de la Finance, des opérations, de la conformité et de l'IT, permettant ainsi aux dirigeants de visualiser les interdépendances qu'une matrice manuelle pourrait manquer. Les modèles de scoring automatisés réduisent les biais dans la classification des risques, tandis que les tableaux de bord de données en temps réel permettent aux équipes de suivre l'évolution des conditions et de mettre à jour les priorités au fur et à mesure que de nouvelles informations arrivent.
5. Classer les risques par ordre de priorité et attribuer les responsabilités
Utilisez les notes de probabilité et d'impact pour établir une hiérarchie claire des risques. Les risques hautement prioritaires doivent rapidement faire l'objet de plans d'action détaillés, tandis que les risques de niveau inférieur peuvent être surveillés jusqu'à ce que les conditions évoluent. Chaque risque prioritaire doit être assorti d'un responsable désigné, c'est-à-dire une personne ayant l'autorité pour allouer des ressources et l'expertise nécessaire pour traiter efficacement le problème.
6. Sélectionner et appliquer les contrôles
Pour chaque risque prioritaire, identifiez les mesures les plus efficaces pour réduire ou éliminer l'exposition. Les contrôles peuvent prendre plusieurs formes, comme de nouveaux processus, la mise en œuvre de la gouvernance des données, des formations ciblées, la révision des politiques ou des plans de contingence formels, mais ils doivent toujours être adaptés à la gravité de la menace.
Utilisez la hiérarchie des contrôles pour vous guider : commencez par des stratégies qui éliminent ou remplacent entièrement la source de risque, puis ajoutez des mesures administratives et techniques selon les besoins. Cela permet de s'assurer que les réponses sont proportionnelles, durables et ne dépendent pas excessivement de solutions palliatives.
7. Communiquer et documenter
Consignez les résultats dans un format à la fois transparent et exploitable. Cela peut signifier mettre à jour le registre des risques, fournir des rapports à l'équipe dirigeante ou informer les équipes responsables de la mise en œuvre des contrôles. Une communication efficace est également essentielle : créez des synthèses à l'attention de la direction, des notes d'action détaillées pour les équipes opérationnelles et des plateformes collaboratives ou tableaux de bord pour maintenir l'information accessible.
8. Surveiller, examiner et s'adapter
Une évaluation des risques n'est efficace que si elle reste d'actualité. Fixez une fréquence de révision qui reflète le rythme de votre entreprise (trimestrielle, semestrielle ou à la suite de changements organisationnels majeurs). Utilisez les audits, les analyses d'incidents et les indicateurs de performance pour affiner vos profils de risque et vos contrôles.
Un cycle continu de surveillance et d'ajustement renforce la résilience organisationnelle et intègre la conscience du risque dans la prise de décision quotidienne, transformant la gestion des risques en une discipline continue plutôt qu'en un projet ponctuel.